Mon histoire
Aujourd'hui, j'ai envie d'écrire quelque chose de plus humain.
Peut-être que vous allez lire. Peut-être pas. Peu importe.
J'ai lancé un business qui repose presque entièrement sur l'humain. Sur les échanges, les conversations, les gens. Et ce n'est pas un hasard. C'est un choix.
Parce que dans la vie comme dans le travail, c'est ce qui m'importe le plus.
Je suis fils de commerçant.
Mon père m'a inculqué ces valeurs depuis tout petit. Je l'accompagnais déjà sur ses stands.
Faut s'imaginer La Réunion il y a plus de vingt ans. Pas de smartphones, pas de réseaux sociaux.
Des petits marchés, des petits commerces, des gens qui essaient de s'en sortir dignement.
Des gens qui se regardent dans les yeux, qui négocient, qui rient, qui se serrent la main.
La vraie vie.
C'est là que j'ai appris ce que voulait dire le mot commerce.
Pas dans un livre. Pas dans une salle de classe.
Mais debout, à côté de mon père, à regarder les gens se parler.
À l'école, j'ai eu des profs qui m'ont marqué.
Ma prof de français, Mme Georgette. Une matière que je détestais… et pourtant, elle a su me faire aimer parler.
Ma prof de maths, Mme Monot. Les maths, ce n'était pas mon truc non plus, mais elle faisait attention à moi. Elle m'accompagnait.
Ces gens-là ne m'ont pas rendu brillant dans leur matière.
Mais ils ont essayé de me transmettre quelque chose. Et c'est honorable.
C'est eux qui m'ont donné envie de transmettre à mon tour.
Parce que j'ai toujours su que ce que je voulais faire dans la vie, c'était réunir des gens et leur laisser quelque chose.
Une parole. Un geste. Une compétence. Peu importe la forme.
Ce qui compte, c'est ce qu'on laisse. Ce qu'on aura marqué chez quelqu'un.
C'est ça l'héritage.
C'est ça qui reste quand tout le reste s'efface.
Plus jeune, tu penses que tu vas faire ci, être ça.
Tu as des rêves, des certitudes, des convictions gravées dans le marbre.
Et c'est magnifique.
Mais la vie te rappelle souvent — avec une douceur parfois cruelle — que tout ce en quoi tu croyais il y a dix ans n'est plus aussi solide aujourd'hui.
Les fondations bougent. Les perspectives changent. Tu évolues.
Et je pense sincèrement que c'est jusqu'à très tard qu'on se construit comme ça.
Qu'on se réinvente. Qu'on affine ce qu'on est vraiment.
Je sais que certains disent qu'il ne faut pas mélanger le pro et le perso.
Je comprends.
Mais moi, j'aime bien savoir à qui je parle.
Ce que les gens ont vécu. Pas pour légitimer quoi que ce soit.
Juste pour comprendre pourquoi ils font ce qu'ils font.
Alors voilà un peu de moi.
J'ai grandi à La Réunion.
Une île qui te donne tout : la chaleur, la famille, le sentiment que le monde est petit et grand à la fois.
À 14 ans, je rêvais déjà de business.
Je ne savais pas quoi exactement.
Mais je sentais que j'allais construire des choses.
À 18 ans, j'ai tout quitté.
Ma mère, mes sœurs, mon frère, mes grands-mères, toute ma famille.
La plage. Le soleil. La vie que je connaissais depuis toujours.
J'avais tout là-bas. Vraiment tout.
Et je suis parti quand même. Pour espérer mieux.
Sans savoir exactement ce que ça voulait dire.
Je suis parti étudier à Bruxelles, à l'ULB.
Je voulais faire kiné. Un tirage au sort en a décidé autrement.
J'ai fait deux ans d'ostéopathie… puis j'ai tout arrêté.
Pas parce que c'était trop dur.
Parce que ce n'était pas moi.
Je me suis retrouvé à Paris, sans vraiment savoir où j'allais.
Pendant quelques mois, j'ai pédalé dans la ville, livré des colis, regardé les gens vivre leur vie depuis mon vélo.
Une période étrange. Silencieuse. Mais nécessaire.
Je suis rentré à La Réunion.
J'ai monté une entreprise de traiteur dans l'événementiel.
Des mariages, des baptêmes, jusqu'à 400 personnes autour d'une même table.
Je donnais tout. Et ça marchait.
Puis ma mère m'a parlé. Sans jugement.
Elle savait que mon vrai moteur, depuis toujours, c'était de transmettre.
De voir d'autres horizons. D'apporter quelque chose aux gens.
Elle m'a demandé, doucement, si j'étais prêt à rester dans ce que j'étais en train de faire…
Parce qu'une fois qu'on entre dans un schéma, il devient difficile d'en sortir.
Mais derrière ses mots, il y avait quelque chose de plus profond.
Ma mère s'est mariée très jeune. Elle a eu des enfants très tôt.
Pendant des années, elle a été mère, épouse, pilier.
Elle portait tout ça avec une dignité que je comprends mieux aujourd'hui.
Elle avait des rêves. Des envies.
Mais la vie ne lui en a pas laissé l'espace.
Alors elle a voulu qu'on ait cette liberté-là.
Elle a poussé ma sœur à partir, à faire ses études loin.
Aujourd'hui, elle a réussi. Et je crois que ma mère vit, à travers elle, une partie de ce qu'elle n'a pas pu vivre.
J'ai fini par trouver une école en ligne.
Grâce à mon entreprise, j'ai financé deux années de formation.
Retour à Paris.
Cinq ans entre les cours et l'alternance au groupe La Poste.
Chef de projet web. Web analyst. Data.
Après ça, j'ai tout tenté.
Shopify, e-commerce, dropshipping, NFT, crypto, automatisation, IA.
Des centaines d'heures à tester, échouer, recommencer.
Puis je me suis lancé en freelance.
Aujourd'hui, ma vie est ici.
Mes amis sont ici. Une partie de ma famille aussi.
Mais La Réunion me manque. Profondément.
J'aimerais y retourner un jour.
Y faire grandir mes projets. Y investir.
Elle restera toujours mon premier foyer.
Même si la vie a tracé son chemin ailleurs.
Je n'ai pas grandi dans une famille riche.
Mais je n'ai jamais manqué de rien.
Je suis persuadé que tout le monde peut construire quelque chose.
Peut-être que tu ne sais pas que c'est possible.
Peut-être que tu as peur.
Peut-être que tu ne sais pas par où commencer.
Si j'écris tout ça aujourd'hui, ce n'est pas pour impressionner.
Mais parce que je suis convaincu d'une chose :
Les gens n'achètent pas des compétences.
Ils achètent une histoire. Un pourquoi.
Comme le dit Simon Sinek :
Les gens n'achètent pas ce que tu fais, ils achètent pourquoi tu le fais.
Gazou Academy, c'est ça.
La cristallisation de tout ce chemin.
Pas une finalité. Juste une forme sincère de ce que je veux faire aujourd'hui.
Transmettre.
Faire gagner du temps.
Éviter à d'autres les années de tâtonnement que j'ai connues.
En avril, j'ai signé mes 7 premiers clients.
Le bootcamp est complet.
Et le prochain accueillera 10 personnes, que j'accompagnerai pendant 14 jours intensifs.
Ce qui me touche, ce n'est pas le chiffre.
C'est ce que ça signifie.
Que les gens sentent quand quelque chose est authentique.
Que la sincérité, ça se perçoit.
Je n'ai pas accompli la mission de ma vie.
Mais je sais que je suis sur le bon chemin.
Le mien.